jeudi 19 mars 2020

COLLOQUE / 19 & 20 MARS 2020

Le sacré en questions
Sacralisation ou désenchantement ?

Avec Hans Joas, Professeur honoraire à l’Université
Humboldt de Berlin à l’occasion de la parution de

Les pouvoirs du sacré (Seuil, mars 2020)

 

 

 

* Jeudi 19 mars 2020 au Cevipof

 

* Vendredi 20 mars 2020 au Centre Sèvres, salle Certeau

 

* Jeudi 19 mars 2020, 19h-20h30, soirée publique au Fonds Ricœur/IPT
Sacré et pouvoir

Débat entre Hans Joas et Marcel Gauchet ; présidence : Marc Boss

 

Comité scientifique :

Marc Boss, Alexandre Escudier, Pierre Gisel, Jean-Marc Tétaz, Alain Thomasset

 

Institutions partenaires :

 

Cevipof (Centre de recherches politiques, Sciences-Po), 98, rue de l’Université, Paris 7e
Facultés jésuites de philosophie et de théologie, Centre Sèvres, 35bis, rue de Sèvres, Paris 6e
École Normale Supérieure, UMR 8547–Pays germaniques, 45, rue d’Ulm, Paris 5e
Fonds Ricœur, IPT, 83, bd Arago, Paris 14e.

 

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Jeudi 19 mars 2020, Cevipof – 98, rue de l’Université, Paris 7e

09.30 : Ouverture du colloque (Alexandre Escudier/Pierre Gisel/Jean-Marc Tétaz)
10.00 : Hans Joas, Exposé introductif
10.30 : Pause-café
10.45 : Bruno Karsenti (EHESS), Hans Joas lecteur de Durkheim
11.15 : Camille Tarot (Université de Caen), Autour du sacré : Durkheim et ses suites (Mauss, etc.)
11.45 : Réaction de Hans Joas et discussion
12.25 : Déjeuner
14.30 : Stéphane Madelrieux (Université Jean Moulin, Lyon 3), Hans Joas lecteur des pragmatistes
15.00 : Jean-Marc Tétaz (Université de Iéna / Max-Weber-Kolleg Erfurt), Le sacré : articulation et symbolisation
15.30 : Réaction de Hans Joas et discussion
16.10 : Pause-café
16.30 : François Euvé (Centre Sèvre), La question de la place de la science dans la sécularisation et le désenchantement
17.00 : Réaction de Hans Joas et discussion
17.20 : Fin de l’après-midi

 

19.00 – 20.30 Soirée au Fonds Ricœur/IPT (amphithéâtre)- 83, bd Arago, Paris 14e

Sacré et pouvoir

 

Débat entre Hans Joas et Marcel Gauchet ; présidence Marc Boss


Vendredi 20 mars, Centre Sèvres – 35bis, rue de Sèvres, Paris 6e

09.15 : Catherine Colliot-Thélène, Hans Joas, lecteur de Max Weber
09.45 : Isabelle Ullern (FLEPES), Religions, violences, conjurations répétitives : tenter de penser dans les trivialités de l’« agir créatif »
10.15 : Réaction de Hans Joas et discussion
10.55 : Pause-café
11.15 : Alexandre Escudier (Sciences Po, Cevipof), Narratifs processuels et auto-sacralisation politique moderne
11.45 : Réaction de Hans Joas et discussion
12.05 : Déjeuner

14.10 : Jean-Claude Monod (ENS), Généalogie critique et généalogie affirmative. Le présent théologico-politique en perspectives
14.40 : Pierre Gisel (Université de Lausanne) : Par-delà la critique, quelle « généalogie affirmative » ? Revisiter les rapports entre religion et politique.
15.10 : Réaction de Hans Joas et discussion
15.50 : Pause-café
16.05 : Véronique Albanel (Centres Sèvres), La puissance du sacré : danger ou chance politique?
16.35 : Réaction de Hans Joas et discussion
16.55 : Discussion générale, puis Conclusion
17.30 : Fin du colloque

 


Argumentaire

Dans Les pouvoirs du sacré (all : Die Macht des Heiligen, Berlin, 2017), Hans Joas esquisse une théorie complexe du sacré. À cette fin, il combine plusieurs approches : les trois premiers chapitres offrent trois approches disciplinaires (histoire, psychologie et sociologie) dont le point de fuite commun est formé par la question de la symbolisation du sacré. La discussion serrée avec Max Weber et le récit du désenchantement constituent un deuxième axe du livre (chapitres IV et VI) ; Joas y montre d’une part les difficultés que pose le « grand récit » wébérien, trop souvent pris pour argent comptant dans la réception, en le mettant en contraste avec l’approche de Troeltsch ; il souligne d’autre part que la fortune du récit du désenchantement a partie liée avec une conception de la modernité qui comprend cette dernière comme le produit d’évolutions unilinéaires (différenciation, rationalisation, modernisation) censées expliquer les changements sociaux observés à l’époque contemporaine et pour laquelle Weber est généralement considéré comme un auteur clé. Cette histoire du désenchantement, Joas suggère de la remplacer par une histoire des sacralisations et désacralisations, un processus qui trouve sa matrice fondatrice dans l’avènement de la transcendance durant la « période axiale » (Karl Jaspers, cf. chapitre V). Cette approche permet de reprendre à nouveaux frais la question des rapports entre le sacré et le pouvoir (chapitre VII). Il apparaît ainsi en filigrane les contours d’une théorie du sacré qui croise sociologie et psychologie, herméneutique et sciences politiques et propose de nouvelles perspectives pour comprendre la persistance du sacré dans le monde contemporain, voire son regain de vitalité.

Ces questions seront au centre du colloque organisé par les soussignés à Paris les 19 et 20 mars 2020, en lien avec le Cevipof (Sciences Po) et le Centre Sèvres, et abordées aussi en débat public le 19 au soir, au Fonds Ricœur. Les débats porteront d’une part sur les interprétations des classiques de la sociologie et des sciences des religions discutés par Joas (Durkheim, James, Weber, mais aussi Parsons et de ses élèves – Bellah et Eisenstadt), d’autre part sur les perspectives systématiques ouvertes par son œuvre.